
Née dans les années 70, je fais partie de la génération X.
Et j’en présente les valeurs et le mode de fonctionnement, autant comme professionnelle du marketing ayant intégré le changement de paradigme provoqué par internet, que comme formatrice dans l’enseignement supérieur accompagnant la génération Z dans son apprentissage.
Passionnante et parfois déconcertante, cette génération Z me challenge !
Elle demande souvent « pourquoi ? » avant même d’accepter le « comment ? ».
Elle souhaite participer aux décisions qui la concernent et privilégie le dialogue aux rapports d’autorité traditionnels.
Elle recherche flexibilité et personnalisation.
Elodie Gentina, professeur spécialiste de cette génération, propose dans son dernier ouvrage des outils pour répondre aux attentes et exigences de celle-ci vis-à-vis de l’entreprise.
Ces attentes font écho à un concept organisationnel développé par le professeur Henry Mintzberg, celui de « l’ajustement mutuel », qui est un mode de coordination fondé sur la communication directe et la négociation au sein des organisations.
En qualité de formatrice, je me suis adaptée à cette nouvelle génération afin de la former et de la préparer au monde de l’entreprise.
Que ce soit par le développement de projets, de l’accompagnement personnalisé, de l’appropriation d’outils numériques, de la mise en place d’une pédagogie collaborative basées sur des techniques d’animation diversifiées.
Pour autant, je reste convaincue que l’objectif principal de l’enseignement supérieur n’a pas changé.
Derrière les méthodes innovantes et la facilité d’accès à l’information, il s’agit toujours de transmettre des connaissances fondamentales solides, de développer des compétences transversales afin de préparer les étudiants à leur future vie professionnelle.
Décrocher un diplôme visé par le MESRE ne récompense pas la présence en cours, la bonne volonté ou la capacité à trouver une information en quelques secondes.
Il atteste d’une capacité à prendre du recul, à analyser, à appliquer de manière raisonnée des méthodes, à mobiliser correctement des connaissances dans des situations complexes et singulières et à apprendre à travailler en équipe pluridisciplinaire et pluri-générationnelle.
C’est en actionnant le mode Collaboration que nos deux générations ont le plus à s’apporter.
De mon côté, sans verser dans la sur adaptation, j’apporte mon expérience tout en renouvelant mon approche pour rendre les apprentissages plus concrets, plus interactifs et plus proches des réalités professionnelles.
De leur côté, mes étudiants apportent un regard neuf, questionnent les habitudes établies et découvrent progressivement que certaines compétences s’acquièrent avec du temps, de la pratique, des efforts répétés et surtout que cela ne peut être remplacé ni par des vidéos ni par une intelligence artificielle.
Dans quelques années, ces étudiants Z deviendront à leur tour managers.
Ils découvriront alors qu’une nouvelle génération trouvera à son tour leurs approches complètement dépassées.
Mais ils auront les outils et l’état d’esprit pour se renouveler.
Ce sera une belle réussite pour eux … comme pour moi !
Véronique JUNGMANN
Professeur permanente en Marketing
EGC Centre-Est Campus Chalon-sur-Saône
Véronique JUNGMANN est professeur permanente en Marketing et coordinatrice pédagogique à l’EGC Centre-Est – Campus de Chalon-sur-Saône.
Bibliographie
• Henry Mintzberg – Structure et dynamique des organisations (traduction française) – 13 juillet 1998 – Editions d’organisation
• Elodie Gentina – Manager la génération Z – Octobre 2023 – Dunod
Compléments d’information :
Se suradapter à l’autre, c’est considérer que les objectifs et les besoins de l’autre sont prioritaires sur les siens.
Les risques de déséquilibre portent autant sur l’évaluation précise de la charge de travail, du temps à consacrer et des ressources à mobiliser, que sur la multiplication des tâches annexes et l’effacement des priorités.